Le meilleur remake du catalogue
Resident Evil 2, comment refaire un jeu de 1998 sans le trahir
La plupart des remakes rafraîchissent les textures. Celui-ci a reconstruit le jeu entier tout en préservant exactement ce qui faisait peur dans l'original.
L'intrigue est celle de 1998, inchangée. Raccoon City est ravagée par un virus ; deux personnages tentent d'en sortir. Leon Kennedy, policier à son premier jour de service, et Claire Redfield, venue chercher son frère. Chacun a sa campagne, ses rencontres et son itinéraire dans la ville.
Le changement le plus lourd est la caméra. L'original utilisait des plans fixes et des décors précalculés, avec une visée approximative qui faisait partie de la tension. Le remake passe à une vue à l'épaule, avec un tir précis. Sur le papier, cela devait rendre le jeu plus facile ; en pratique, voir l'ennemi arriver de face s'est révélé plus angoissant que de le deviner hors champ.
Le commissariat reste l'une des meilleures architectures de jeu vidéo. C'est un lieu fermé qu'on apprend par cœur, où chaque porte débloquée reconfigure les itinéraires, et dont on finit par connaître les raccourcis mieux que les personnages. Cette économie de l'espace — peu de lieux, beaucoup de passages — est ce que le survival horror a de plus singulier.
S'y ajoute un poursuivant qui vous traque dans le bâtiment de façon non scénarisée. Il ne peut pas être tué, seulement repoussé quelques minutes, et il entend le bruit de vos pas. Sa présence transforme la gestion d'inventaire, déjà serrée, en calcul permanent sous pression.
Environ dix heures par campagne, et les deux méritent d'être faites : les itinéraires se recoupent sans se répéter. Il figure au Catalogue des Classiques, donc réservé aux abonnés Premium.
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