Le classique PS2 culte et impitoyable
Forbidden Siren, voir par les yeux de ceux qui vous chassent
Conçu par Keiichiro Toyama, le créateur du premier Silent Hill, Forbidden Siren est l'un des jeux d'horreur les plus singuliers de la PS2. Et l'un des plus durs. Il est au Catalogue des Classiques.
Hanuda est un village de montagne japonais isolé. Une nuit, une sirène retentit, la mer environnante devient rouge et les habitants se changent en shibitos, des êtres ni morts ni vivants qui continuent de vaquer à leurs occupations — et de tuer quiconque n'est pas comme eux. Le jeu suit une dizaine de survivants pendant les trois jours qui suivent.
Sa mécanique centrale s'appelle le « sightjack » : en se concentrant, le personnage capte ce que voient les shibitos alentour. On observe leur ronde, on repère par leurs yeux où ils regardent, puis on se faufile. C'est une idée d'une grande force, parce qu'elle fait de l'ennemi la principale source d'information, et donc de tension.
Le récit est éclaté. Une grille relie les personnages et les heures ; terminer un épisode avec un objectif secondaire en débloque un autre, ailleurs dans le temps. Il faut souvent revenir sur une scène déjà jouée pour y accomplir autre chose, et reconstituer soi-même l'histoire du village.
Il faut le dire franchement : c'est un jeu exigeant, parfois opaque. Beaucoup de personnages sont désarmés, les objectifs secondaires sont rarement explicites, et l'échec renvoie au début de l'épisode. Les visages des personnages, photographiés sur de vrais acteurs, donnent au tout une étrangeté que le temps n'a pas effacée.
Peu de jeux ont aussi bien vieilli dans leur étrangeté, et peu ont été aussi peu joués en Europe. Comptez une vingtaine d'heures, et gardez une solution à portée de main sans honte. Toyama a depuis signé Gravity Rush, puis Slitterhead en 2024.
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