Le jeu le plus exigeant du catalogue

Bloodborne, apprendre à ne plus se protéger

Note presse
92
Note joueurs
4.7/5
Histoire principale
32.2 h
Genre
RPG, Action

Un action-RPG qui prend la formule Souls et en retire le bouclier. Ce seul retrait change tout, et explique pourquoi il reste à part dans le catalogue.

Bloodborne est l'unique épisode de sa série, sans suite ni prédécesseur, accompagné d'une seule extension. Il partage l'essentiel de sa grammaire avec Dark Souls — mêmes développeurs, même structure de raccourcis et de feux de camp, même rapport à la mort — mais en déplace radicalement le centre de gravité.

Le bouclier disparaît. À la place, une arme à feu qui sert non pas à tirer de loin mais à interrompre une attaque au bon moment, ouvrant une riposte dévastatrice. Et surtout : les dégâts encaissés peuvent être récupérés si vous frappez l'adversaire dans les secondes qui suivent. Le jeu ne récompense pas la prudence, il la punit. Reculer, c'est perdre sa santé pour de bon.

Ce système transforme la sensation de jeu. Là où un Souls classique s'apprend en patientant, Bloodborne s'apprend en avançant, ce qui heurte frontalement les réflexes acquis ailleurs. Les premières heures sont brutales pour cette raison précise.

L'univers accompagne ce parti pris : Yharnam, ville gothique rongée par une maladie qui transforme ses habitants en bêtes, glisse progressivement du roman victorien vers l'horreur cosmique. Le jeu ne l'explique presque jamais — la compréhension passe par les descriptions d'objets et l'architecture, ce qui exaspère autant que ça fascine.

Comptez une trentaine d'heures, davantage si vous explorez les Donjons du Calice. Ce n'est pas un jeu difficile par accumulation d'ennemis, mais par la nécessité de désapprendre. Si vous avez abandonné un Souls par manque de patience, celui-ci peut paradoxalement mieux vous convenir.

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